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		<title>brasilianas</title>
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		<title>La nouvelissime littérature (2)</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Apr 2010 19:31:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bolivartorres</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux noms à retenir: Alice Sant&#8217;anna et Ismar Tirelli Neto (photo). Dans leurs premières publications, les deux poètes cariocas chantent les dilemmes contemporains. Hantés par la mélancolie d&#8217;un temps non-vécu, entraînés par le rythme effrené des métropoles, ils mettent en &#8230; <a href="http://brasilianas.wordpress.com/2010/04/18/la-nouvelissime-litterature-2/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=49&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright" src="http://img14.imageshack.us/img14/6830/ismartirellineto2009.jpg" alt="null" /></p>
<p><strong> Deux noms à retenir: Alice Sant&#8217;anna et Ismar Tirelli Neto (<em>photo</em>). Dans leurs premières publications, les deux poètes cariocas chantent les dilemmes contemporains. Hantés par la mélancolie d&#8217;un temps non-vécu, entraînés par le rythme effrené des métropoles, ils mettent en scène un univers éthéré, à mi-chemin entre la douceur introspective et l&#8217;auto-dérision féroce. </strong><br />
<span id="more-49"></span></p>
<p><em>Par Bolívar Torres</em></p>
<p><strong>II) Alice Sant&#8217;Anna</strong></p>
<p>Elle n&#8217;avait pas encore fini d&#8217;écrire son premier recueil de poèmes qu’elle se faisait déjà connaître. À 20 ans, Alice participe à quelques lectures publiques au CEP 20000 (traditionnel grenier d&#8217;artistes de Rio de Janeiro), et publie sans souci quelques poèmes sur un blog dont le titre, “Pour que ça ne reste pas au tiroir&#8221;, résume ses modestes prétentions.</p>
<p>Ses vers, pourtant, connaissent une bonne réputation. Sorti enfin en 2008, son livre <strong>Dobradura</strong> est élu, par les lecteurs du périodique <em>Jornal do Brasil</em>, en tant que meilleure publication de l&#8217;année, confirmant ainsi les atteintes du public.</p>
<p>La poésie d&#8217;Alice conquiert par sa simplicité. Dans le territoire sauvage de la scène littéraire brésilienne, où il est de bon ton de crier pour se faire entendre, ses vers chuchotent, fuyant tout trucage ou effets tapageurs. Son chant introspectif, tendre et intimiste se confronte aux rudesses du flux urbain &#8211; cette respiration étrange et accélerée.</p>
<p><img class="alignleft" src="http://img17.imageshack.us/img17/3291/72261253611223628132996.jpg" alt="null" />Alice (<em>photo à gauche</em>) chante le vertige d&#8217;être jeune dans une grande ville. Dans cet espace d&#8217;accumulation et d’écho, synthèse du mouvement constant et des multiples possibilités, tout est passager, éphémère. Comme un defilé de sensations, les images se succèdent en un ton monocorde et l&#8217;émotion apparaît sans prévenir, sous la figure simple d&#8217;un fruit, d&#8217;une montre, d&#8217;un tableau non encadré, ou d&#8217;un souvenir d&#8217;enfance inespéré. À la fin, reste l&#8217;angoisse discrète d&#8217;un temps qui nous fuit, accouplée aux dilemmes de jeunesse : instabilité, désordre et innocence – mais aussi tendresse, espoir et apprentissage.</p>
<p>&#8220;La ville est une chose incroyable&#8221;, dit la poète, qui vit actuellement à Paris. &#8220;La manière dont elle respire et se renouvelle. Il y a en plus cette possibilité d&#8217;échange. On observe, on est observé&#8230; Les vies se mêlent, ça devient une pagaille. Et j&#8217;adore cette pagaille&#8221;.</p>
<p>Stylo et bloc-notes à  la main, la poètesse a, non par hasard, l&#8217;habitude d&#8217;écrire dans l&#8217;autobus, en circulant dans les rues. Son poème Estação da Carioca, sur la station du centre de Rio, a inspiré une <a href="http://www.youtube.com/watch?v=r0-YeOWvkrw">vídeo experimentale</a>, produite par Jô Serfaty. Son prochain projet est justement une espèce de cartographie affective de Rio de Janeiro, qui dressera un portrait poétique des quartiers de la ville.  </p>
<p><strong>III) Ismar Tirelli Neto</strong><br />
De l&#8217;humour. Voilà un ingrédient peu récurrent dans la poésie brésilienne. Avec son premier livre, <strong>Synchronoscopio</strong> (Synchronoscope), Ismar Tirelli Neto nous offre la juste dose de burlesque qui nous manquait. Auto-dérisoire, le poète se dépeint comme une figure déplacée, qui circule maladroitement dans un monde hostile, où se multiplient les déceptions et les désillusions. Ses poèmes s&#8217;enchainent comme des gags tragi-comiques. L&#8217;hilarant <em>Ansiedades quanto a uma academia</em> (Angoisses quant à une académie), par exemple, est le récit d&#8217;un cours de natation raté, mettant en scène toute une gamme d&#8217;embarras : collègues de cours septuagénaires et phobiques; professeurs qui essaient de créer, dans une ambiance artificielle et professionelle, une fausse relation chaleureuse&#8230; La tension grandit à chaque vers et trouve dans tous les détails un potentiel de contrainte. </p>
<p><img class="alignright" src="http://img27.imageshack.us/img27/9255/ismartirellineto.jpg" alt="" />L&#8217;auteur s&#8217;expose au ridicule, et sa propre &#8220;méthode&#8221; lui fait peur (&#8220;Ce poème m&#8217;embarrasse horriblement&#8221;, écrit-il dans <em>O homem mais velho</em> &#8211; L&#8217;homme plus vieux). Mais son option pour le comique n&#8217;est pas un effet tapageur, &#8220;m&#8217;as-tu-vu&#8221;. Elle se justifie plutôt comme un dispositif littéraire et viventiel : satirique, oui; râleur, peut-être; mélancolique, parfois; mais jamais pessimiste. C&#8217;est, avant tout, une forme généreuse d&#8217;approximation. Pour Ismar, nous sommes tous dans la même galère (ou &#8220;académie de natation&#8221;). Nous sommes des êtres ridicules et c&#8217;est tant mieux.</p>
<p>&#8220;Je n&#8217;aime pas les gens trop sérieux&#8221;, explique Ismar. &#8220;Je vois l&#8217;humour comme un système de compensation et un mécanisme de défense contre le monde &#8211; &#8216;le silence de Dieu&#8217; dirait le vieux Bergman. Et aussi comme une ouverture, une fenêtre, une invitation. Ce n&#8217;est pas, bien sûr, une tentative de racheter le monde, mais plutôt une nécessité de le saisir&#8230; Une manière de se positionner, pour ainsi dire. Et je ne vois pas d&#8217;autre issue, car je suis un alarmiste assumé&#8221;.</p>
<p>Ismar a un parcours curieux. En 1995, alors qu&#8217;il avait onze ans, il a connu son quart d’heure de célébrité, mais d&#8217;une manière, il faut l&#8217;avouer, bizarre et déprimante. Espèce d&#8217;encyclopédie vivante, il se présente dans des émissions de télé et prouve qu’il connait par coeur le nom de tous les acteurs, réalisateurs et films de l&#8217;âge d&#8217;or du cinéma. Invité au plus célèbre talk show brésilien, il y donne une interview puis fait une performance où il rejoue &#8211; solo et en direct ! &#8211; un numéro musical d&#8217;un film ancien. On imagine la stupeur de ses camarades de classe au moment où Ismar, à cette époque un enfant grassouillet, se met à danser cette musique étrange, dans une chorégraphie légèrement efféminée des années 50. Son expérience dans les foires télévisées inspira, d&#8217;ailleurs, le court-métrage <strong>Ismar</strong>, réalisé par Gustavo Beck, sorti en 2007.  </p>
<p>&#8220;J&#8217;étais un enfant cabotin, sans lien avec la réalité, et qui participait à des émissions de télé en répondant des questions sur de films anciens&#8221;, raconte_t_il. &#8220;Sans doute, une chose angoissante et triste. Alors ce type, Gustavo Beck, est venu me dire qu&#8217;il voulait faire un court-métrage à ce propos, en éssayant de comparer le môme que j&#8217;étais à l&#8217;époque des émissions télés avec le jeune homme que j&#8217;étais à l&#8217;époque du film (j&#8217;avais alors 18 ans). C&#8217;est la phase de ta vie où tu veux t&#8217;affirmer à tout prix, parce que tout a un poids insupportable. Alors j&#8217;ai dit oui, mas c&#8217;était plutôt par masochisme&#8221;.</p>
<p>Cette incapacité de se connecter avec son monde et son temps, comme l&#8217;a bien dit Ismar, se refletit aujourd&#8217;hui dans ses poèmes, remplits de reférences à Jacques Brel ou Barbara Stanwick. Le carioca, qui grandit dans le quartier de Laranjeiras, imagine un univers éteré, mythique, qui transite entre les indefinitions de la pos-modernité et les citations nostalgiques d&#8217;un passé idealisé. Dans Nostalgia (Nostalgie), par exemple, il revisite une Paris fetichisé des années 40:</p>
<p><em>voilà un bel hiver<br />
celui de novembre 46<br />
quand je suis tombé amoureux<br />
d&#8217;un clarinettiste<br />
et la fenêtre de mon bureau decoupait<br />
six quinzièmes de la Tour Eiffel.<br />
je n&#8217;arrive pas a me rappeller<br />
d&#8217;une seule personne qui n&#8217;écrivait pas des romans.</em></p>
<p>&#8220;J&#8217;ai toujours eu cette passion, très morbide, pour les narrations classiques d&#8217;Hollywood, années 20 à 60, ce genre de choses&#8221;, explique Ismar. &#8220;C&#8217;est une espèce de code que j&#8217;ai découvert dans mes années de formation et qui ont fini par formé mon caractère. Tu commences à regarder autour de toi et tu te rends compte que la vie est amère. Et alors tu découvres cet imense sac à paillettes qui sont les films musicaux. Et tu t&#8217;y saisi à ce langage, à cette manière de découper la realité. Par contre, cela m&#8217;a handicapé face au &#8216;monde réel&#8221;.</p>
<p><strong>Dobradura (2007), de Alice Sant&#8217;Anna. Éditeur: 7Letras<br />
Synchronoscopio (2007), de Ismar Tirelli Neto. Éditeur: 7Letras</strong></p>
<p><strong>P.S.: Ismar et Alice font partie d&#8217;un groupe de rock, <a href="http://www.myspace.com/ossubterraneos">Os subterrâneos</a> . Ismar chante et Alice joue du clavier.</p>
<p>P.S. II: Photo d&#8221;Alice Sant&#8217;Anna par Alexandre Sant&#8217;Anna</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brasilianas.wordpress.com/49/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brasilianas.wordpress.com/49/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=49&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La nouvelissime littérature (1)</title>
		<link>http://brasilianas.wordpress.com/2010/02/20/la-nouvelissime-litterature-1/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 14:51:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bolivartorres</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme dans l’ironique poème-manifeste de Bruna Beber (photo), une génération de poètes brésiliens commence à établir une approche différente de la poésie et de son public. À l&#8217;aide des outils du web, ils donnent un souffle nouveau à la production &#8230; <a href="http://brasilianas.wordpress.com/2010/02/20/la-nouvelissime-litterature-1/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=35&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" src="http://img16.imageshack.us/img16/1407/26461670825445ceafe8.jpg" alt="null" /><strong>Comme dans l’ironique poème-manifeste de Bruna Beber (<em>photo</em>), une génération de poètes brésiliens commence à établir une approche différente de la poésie et de son public. À l&#8217;aide des outils du web, ils donnent un souffle nouveau à la production poétique et s&#8217;affranchissent définitivement avec les ghettos littéraires. Euphorie désenchantée, mélancolie retenue et vertiges de jeunesse: une série de portraits de la nouvelle poésie brésilienne.</strong></p>
<p><span id="more-35"></span></p>
<p><em>Par Bolívar Torres</em></p>
<p>Dans <em>A novíssima literatura</em> (La nouvellissime littérature), poème de son livre <strong>A fila sem fim dos demônios descontentes</strong> (La file infinie des démons mécontents), de 2007, la poètesse carioca Bruna Beber, alors une révélation du web, se moquait de la consacration canonique, résumant ainsi ses ambitions littéraires:</p>
<p><em>Tu veux un jour<br />
être étudié,<br />
dans une salle quelquonque<br />
par une classe de mômes<br />
qui se moqueront de tes fringues aujourd’hui modernes<br />
et diront que ce que tu as écris<br />
est super chiant<br />
et feront des petits cornes à ta photo<br />
et des points d’interrogation</em></p>
<p>À quoi bon s&#8217;enfermer dans sa chambre à chercher la grande épopée de ce siècle? se demandait la jeune poète, préférant l’hédonisme sans engagements aux souffrances de la création:</p>
<p><em>Je voudrais mourrir avant<br />
en mangeant des caramels<br />
étrange passion de Hitler<br />
les caramels.</em></p>
<p>Deux ans après la publication de ce dérisoire manifeste, Bruna a pourtant participé à une anthologie de poésie contemporaine qui, par ironie du destin, a fini dans les programmes scolaires. Au contraire de ce qu’elle imaginait, la poète est devenue sujet de cours. Seulement voilà: Bruna est une artiste de la génération internet. Grâce au web, sa relation avec la « classe de mômes » s’est donnée dans un contexte très différent de celui imaginé dans le poème.</p>
<p>« L’autre jour, j’ai reçu un mail d’un garçon de 15 ans qui m’avait lue au lycée », se rappelle Bruna. « Sa prof a utilisé un de mes poèmes pour une leçon. Il l’a bien aimé, alors il m’a écrit en me disant qu’il cherchait d’autres poèmes sur mon blog. C’est le genre de dialogue qui ne se serait jamais produit quand j’étais à l’école, et que je devais étudier des auteurs déjà morts, sans rien y comprendre. Aujourd’hui, on étudie les artistes de leur vivant et grâce à internet on accompagne chaque jour ce qu’ils font à present ».</p>
<p>S’il fallait décrire l’esprit de cette «nouvelissime littérature», il serait indispensable de mentionner les chemins tracés par le web. Utilisant les nouveaux médias, la génération de poètes qui émerge après le boom internet en finit avec l&#8217;image de l’écrivain isolé et inaccessible. Ils établissent surtout avec leurs lecteurs, comme l’a bien dit Bruna, une relation d’échange constante, facilitée par les réseaux sociaux. Ils publient leurs poèmes, mais aussi ceux de leurs collègues, créant des liens et donnant un nouveau souffle à leur production.</p>
<p>Dans un pays où les vers sont rares dans les librairies et où les livres du genre se vendent mal, la vision fermé du ghetto &#8211; la poésie confinée aux universités et centres culturels – meurt peu à peu par la main de ses jeunes artistes, qui n’ont plus besoin d’avoir leurs livres sur des etagères pour « exister».</p>
<p>A partir de cette semaine, <strong>Brasilianas</strong> commence une série de portraits de quelques représentants de la nouvelle génération de la poésie brésilienne.</p>
<p><img class="alignright" src="http://img59.imageshack.us/img59/2054/2009111414.jpg" alt="null" /> <strong>I) Bruna Beber</strong></p>
<p>Bruna est née à São João do Meriti, une lointaine banlieu de Rio de Janeiro, dans une famille fascinée par la musique. Elle a grandi au son des différents genres musicaux qui jouaient sur le phonographe de ses parents, de la samba traditionnelle  à la chanson “brega”, representée par des gens comme <a href="http://www.youtube.com/watch?v=0Xy7EDoYgeY">Benito de Paula</a>. Aujourd’hui, elle se dit influencé par des gens comme Tom Waits, Tim Maia ou Neil Young. Mais s’il y a une sonorité qui pourrait definir sa poésie, c’est dans l’esprit ambigu de la bossa nova qu’il faut chercher.</p>
<p>Les vers de Bruna reproduisent, en version 2000, cette espèce de « douleur joyeuse » tant chantée par Vinicius de Moraes durant la période dorée de la culture et du development économique du pays. Quelque part entre la tristesse blasée et les jubilations fugitives, ils trouvent leur meilleure expression avec son second recueil de poèmes,  <strong>Balés</strong> (Ballets), portrait doux-amer d’une jeunesse qui a tourné le dos aux grands projets de vie.</p>
<p>Classés par noms de mois, lieux (rues, galeries, villes), objets féminins (broches, boite à bijoux) ou « objets qui entourent l’air » (hélice, parachutes, ballons dirigeables), les poèmes s&#8217;utilisent de toute essentialité et économie verbale pour traduire la philosophie des sans-engagements.</p>
<p>Ici, les devoirs sociaux laissent place aux inconséquences d’un flirt. Dans les vers de <em>Janvier</em>, la poète se perd en suivant les jupes d’une demoiselle dans les rues; et alors s’oublie, s’abandonne,  pour ne se concentrer que sur cet instant détaché où le monde et la vie « se résument à une architecture démolie/ par une passion à première vue ».</p>
<p>L’irresponsabilité s’impose. Tandis que <em>Rifa</em> (Loterie) se moque du désir de tout controler (pourquoi faire des plans à l’avance, si on ne sait même pas « ce qu’on a mangé la veille »?), le poème <em>Barão</em> offre une apologie charmante de la paresse:  plutôt que travailler, mieux vaut se trouver sous les couvertures de quelqu’un ».</p>
<p>Avec Bruna, la perplexité de l’existence ne donne pas lieu à des théories, mais plutôt à une euphorie désanchantée, qui parait se dissoudre dans l’air. Un sentiment ambigu, égrainé tout au long du livre et synthétisé par les mots de l’écrivain Mario de Andrade, que la poète a choisi comme épigraphe: « Et ils disent que les polichinelles sont heureux! »</p>
<p><img class="alignleft" src="http://img63.imageshack.us/img63/7005/1222924570photo340.jpg" alt="null" /></p>
<p>« C’est drôle, je finissais de corriger Balés quand je suis tombé sur le livre de Mario de Andrade, qui résumait l’esprit de mon livre: l’obligation de la joie qui s’oppose aux moments tristes de la vie », se rappelle Bruna. « C’est pour ça que mes poèmes évoquent cette mélancolie retenue ».</p>
<p><strong>A fila sem fim dos demônios descontentes</strong>, <em>de Bruna Beber. Editeur: 7Letras. 64 pages<br />
</em><br />
<strong>Balés</strong>, <em>de Bruna Beber. Editeur: Língua Geral. 56 pages</em></p>
<p>Prochains articles de la série: Ismar Tirelli Neto et Alice Sant&#8217;anna</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brasilianas.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brasilianas.wordpress.com/35/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=35&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le Montaigne brésilien?</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 18:21:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bolivartorres</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>

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		<description><![CDATA[Connu surtout pour son oeuvre théâtrale, Nelson Rodrigues (photo) n’est pas seulement le plus important dramaturgue brésilien : il a excellé également dans la prose avec les Confissões, une série de chroniques aussi drôle que dérangeante, publiée quotidiennement entre 1960 &#8230; <a href="http://brasilianas.wordpress.com/2010/02/01/12/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=12&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright" src="http://img697.imageshack.us/img697/274/09331455.jpg" alt="http://img697.imageshack.us/img697/274/09331455.jpg" /></p>
<p style="text-align:left;"><strong>Connu surtout pour son oeuvre théâtrale, Nelson Rodrigues (<em>photo</em>) n’est pas seulement le plus important dramaturgue brésilien : il a excellé également dans la prose avec les <em>Confissões</em>, une série de chroniques aussi drôle que dérangeante, publiée quotidiennement entre 1960 et 1980, et qui lui a valu autant d’ennemis que pour ses pièces. Longtemps oubliée, sa prose réapparait tout en fraîcheur dans une étude de l’écrivain Luís Augusto Fischer, qui compare les confessions rodriguéennes à la franchise des essais de Michel de Montaigne. Retour aux temps du vieux «Réactionnaire».</strong><span id="more-12"></span></p>
<p><em>Par Bolívar Torres</em></p>
<p>En France, les lecteurs familiarisés avec l’oeuvre de l’écrivain brésilien Nelson Rodrigues ont, comme référence, ses pièces, dont certaines d’entre elles ont déjà été publiées et mises en scène en terres françaises, comme <strong>Robe de mariée</strong>, <strong>Album de famille</strong> et <strong>Le baiser de l’asphalte</strong>; de complexes explorations de la psychologie humaine, inspirées par les thèmes tabous de la civilisation, comme l’inceste, le meurtre ou le viol. Il en va de même dans son pays d’origine : ses tragédies cariocas le placent comme &#8220;de loin, le plus grand poète dramatique jamais paru dans notre littérature&#8221; (selon l’inconstestable Manoel Bandeira), mais sa prose reste, malgré sa qualité, beaucoup moins lue et peu étudiée.</p>
<p>Depuis quelques années pourtant, sa série de chroniques nommée <strong>As confissões</strong> (Les confessions), écrite quotidienement pour les journaux <em>O globo</em>, <em>Jornal do Brasil</em> e <em>A última hora</em>, dans les années 60 et 70, commence peu a peu à sortir des limbes. Par son travail quotidien dans la presse, Nelson, fils d’un propriétaire de journal ruiné par la dictature de Getúlio Vargas, a pu trouver un moyen d’expression direct, avec lequel il connut autant de polémiques que dans son activité théâtrale.</p>
<p>Après la republication en cinq anthologies par la main du journaliste Ruy Castro, elle est remise en valeur dans des nouvelles études, comme celle du professeur et écrivain Luís Augusto Fischer. Avec <strong>Inteligencia com dor, Nelson Rodrigues ensaísta</strong> (Intelligence avec douleur, Nelson Rodrigues essayste), Fischer fait une défense passionnée des <strong>Confissões</strong>. Sa thèse est osée: les chroniques de Nelson seraient non seulement les meilleures contributions pour le genre (tant admiré par les brésiliens, et representé surtout par Paulo Mendes Campos et Rubem Braga), mais elles dépasseraient son domaine, entrant dans les rigueurs de l’essai. Ce qui confirmerait Nelson comme le plus important essayste brésillien – et, mieux encore: le Michel de Montaigne des Tropiques.</p>
<p><img class="alignleft" src="http://img683.imageshack.us/img683/5924/luisaugustofischer.jpg" alt="null" />&#8220;Je ne pense pas que les <strong>Confissões </strong>appartiennent exclusivement au domaine de la chronique&#8221; dit Fischer (photo à gauche). &#8220;Bien sûr, Nelson est un excellent chroniqueur, parmi les meilleurs, mais il est au delà. Les <strong>Confissões</strong> pourraient être, à mon avis, mieux analysées si elles étaient lues comme un essai, un genre qui a plus de permanence, à la différence de la chronique qui se concentre dans l’immédiat.</p>
<p>À première vue, l’approche entre Nelson et Montaigne peut paraître curieuse, mais gagne du sens au long du l’étude de Fischer. Ainsi comme les Éssais de l’auteur français, les textes du brésillien découlent d’un doulereux auto-examen, un courage pour s’exposer avec humour et une mordante ironie. Tous les jours, le polémique Nelson se montrait à nu, partageant avec les lecteurs ses doutes, ses craintes et ses douleurs (sa vie est faite d’innombrables tragédies, qui vont de l’assassinat de son frère à l’enlèvement et la torture de son fils par le régime militaire). Sans pudeur, il avouait ses propres moments de mesquinerie, d’égoisme et d’embarras.</p>
<p>Mais les confessions du chroniqueur/essayste devoilaient, surtout, des idées manifestement en désaccord avec celles de son temps. En critiquant les valeurs sûres des progressistes, à voir l’emancipation féminine, la pillule, le matérialisme marxiste ou le tartufisme des élites, Nelson commença une dispute historique avec toute l’hégémonie culturelle d’alors. Scandalisant artistes et intellectuels, il endossa la figure caricaturale du « réactionnaire » – un homme qui voyait mourir ses valeurs.</p>
<p>&#8220;Il faut relativiser l’importance du conservatisme de Nelson&#8221;, dit Fischer. &#8220;C’est seulement un des aspects de son oeuvre. Nelson était un observateur sans égal des choses qui se passaient autour de lui. Aucun intellectuel, à gauche ou à droite, a réussi à diagnostiquer son temps avec autant de sophistication&#8221;.</p>
<p><img class="alignright" src="http://img7.imageshack.us/img7/1633/304755nelson4.jpg" alt="null" />Les <strong>Confissões</strong> furent un nouveau coup dur pour l’image publique de Nelson (<em>photo à droite</em>). À l’époque, le Brésil se trouvait divisé entre une élite politique conservatrice, formé par les militaires, et une élite culturelle d’opposition, formée par des artistes et intellectuels de gauche. Les premiers étaient gênés par les thèmes « obscènes » du dramaturgue, alors que les seconds lui reprochaient ses idées anti-marxistes. En temps de polarisation et de prosélitisme, Nelson voulut affirmer son individualité – et se retrouva isolé, chassé par le simplisme et partidarisme dominants.</p>
<p>Il s’opposa à la massification, attaqua les multitudes, les unanimités (« toute unanimité est bête » est une de ses plus célèbres aphorismes) et les avantages numériques – reflets de l’industrialisation et urbanisation du pays, mais aussi de l’idée de collectivisation qui s’épanouit dans l’art brésillien des années 60, influencée par le Jdanovisme soviétique. Anachronique assumé, Nelson dévia de l’esprit dominant en célébrant la figure du vieux dans un monde ébloui par la jeunesse.</p>
<p>Selon Fischer, ce sont ses tensions là qui donnent aux chroniques la potence littéraire suffisante pour les inscrire dans la famille de l’essai.</p>
<p>&#8220;Ce courage de se mettre à nu prend ses distances avec l’abordage plus exigu et lyrique des chroniqueurs référenciels comme Rubem Braga&#8221;, dit Fischer. &#8220;En se plaçant comme un anachronique, un vieux dans un monde qui applaudit la jeunesse, ou un solitaire dans une société de masses, il revendique d’être vu comme un être pensant. Aujourd’hui, en dépassant la figure caricaturale du réactionnaire, nous pourrons mieux voir cette requête, qui est propre à l’essayste. Nelson a dû faire un auto-examen public parce que le bon essayste écrit pour apprendre sur soi-même.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brasilianas.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brasilianas.wordpress.com/12/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=12&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Dahmer, l&#8217;amer</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 17:13:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bolivartorres</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis qu’il a commencé, au début de la dernière décennie, à publier sur le web sa série illustrée Malvados (Méchants), le carioca André Dahmer, 35 ans, est devenu synonyme du pessimisme contemporain. Dessinées avec une apparente simplicité, trois petites vignettes &#8230; <a href="http://brasilianas.wordpress.com/2010/01/15/hello-world/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=1&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;"><img class="alignleft" src="http://img229.imageshack.us/img229/4193/6a00d8341caa9f53ef00e54.gif" alt="null" /><strong>Depuis qu’il a commencé, au début de la dernière décennie, à publier sur le web sa série illustrée <em><a href="http://www.malvados.com.br/">Malvados</a></em> (Méchants), le carioca André Dahmer, 35 ans, est devenu synonyme du pessimisme contemporain. Dessinées avec une apparente simplicité, trois petites vignettes suffisent à résumer les malheurs de la société brésilienne. Violence, chômage, drogues, culte du corps, compétition effrénée, faillite des idéologies, rien échappe au nihilisme incorrigible de Dahmer. </strong><br />
<span id="more-1"></span></p>
<p><em>Par Bolívar Torres</em><br />
<em>Photos: Marcelo Camelo</em></p>
<p>Publiés dans certains des journaux les plus importants du pays (comme les quotidiens <em>Jornal do Brasil</em> et <em>Folha de S. Paulo</em>), ses strips ont gagné les librairies avec quatre anthologies: <strong>Malvados vol. 1</strong> et <strong>2</strong> (<em>Méchants</em>, en 2005 et 2007), <strong>O livro negro de André Dahmer</strong> (<em>Le livre noir d’André Dahmer</em>, 2006), et <strong>A cabeça é a ilha</strong> (<em>La tête, c’est l’île</em>, 2009).</p>
<p>Marque de fabrique de son auteur, les Malvados sont deux êtres en forme de tournesol (d’où leur surnom, “les fleurs du mal”): Malvadinho (petit méchant), qui souffre et est souvent idéaliste; et Malvadão (grand méchant), responsable des phrases les plus insensibles et les plus déchirantes. L’univers de Dahmer ne se limite pourtant pas à ces deux personnages. Il a aussi crée plusieurs autres séries au caractère sombre, comme “Cité de la peur” (sur la violence urbaine) et “Emir Saad” (le dictateur sadique d’un royaume fictif nommé Zininguistão), entre autres.</p>
<p>Ceux qui plongent dans l’ univers amer de ses strips n’en sortent pas indemnes . Dahmer est souvent vu par le public comme une figure desenchantée. Un journaliste l’a un jour defini comme “le dessinateur qui ne rit jamais”. Étiquette que Dahmer lui-même cherche à corriger.</p>
<p><img src="http://img706.imageshack.us/img706/2982/tirinha455.gif" alt="null" /></p>
<p>“Je n’aime pas ces définitions exagérées”, se plaint-il. “Les gens pensent que je suis amer, pessimiste, mais ça ne correspond du tout à la réalité. Je suis un gars optimiste, qui aime la vie, qui aime voir le soleil au lever du jour&#8230; Mais, il faut bien le dire, la vie n’est pas non plus si merveilleuse”.</p>
<p><img class="alignright" src="http://papodehomem.com.br/wp-content/uploads/2009/10/andre-dahmer-marcelo-camelo.jpg" alt="null" />Si l’humour noir de Dahmer (<em>photo à droite</em>) se présente comme une nouveauté pour les Brésiliens, c’est tout d’ abord parce qu’il sert de contrepoint à une culture traditionnellement abrutie d’optimisme. Ainsi, le lecteur qui ouvre son journal le matin en y cherchant l’esprit confiant, positif et plein d’espoir inconditionnel qui contamine son pays, peut être sûr d’une chose: le dessinateur n’ est pas là pour égayer sa journée.</p>
<p>Pour Dahmer, il est temps de déconstruire le discours de tous ceux qui nous promettent le meilleur des mondes. Il met le doigt sur les blessures brésiliennes pour montrer l’apartheid social, les inégalités, l’indifférence et le matérialisme des élites.</p>
<p>“Aujourd’ hui, il est interdit d’être malheureux”, juge-t-il. “Mais le malheur est une condition de la vie, c’est impossible de l’ignorer”.</p>
<p>Ses dessins sont incisifs et économiques, très peu descriptifs. Misant surtout sur le symbolique, ils représentent la cruauté de ces lieux “où tout ce qui respire est violent” et où l’on peut “respirer de l’oxyde de carbone parmi les enfants des rues affamés”.</p>
<p>Le contraste entre la brusquerie des dialogues et les formes douces des tournesols est effrayant. De la bouche de ces mignonnes créatures sortent des constats lancinants sur la cruauté humaine: “Les cornes sont la médaille d’honneur des femmes qui s’obstinent à croire à l’amour”; “Je ne suis pas seul, j’ai mes dettes”; “La solidarité ne va pas mettre trois voitures dans mon garage” ou encore: “Tu crois à la vie. Ce n’est pas très heureux de ta part”.</p>
<p><img src="http://img59.imageshack.us/img59/2711/tirinha934.gif" alt="null" /></p>
<p>Tout aussi politique, <strong>A cabeça é a ilha</strong>, la dernière anthologie de l’auteur, est dédiée aux malheureux qui &#8220;vivent seuls au milieu de la foule”. Oubliés par le train de la société, les personages souffrent d’un isolement inexorable, plongés dans l’alcool, les pulsions suicidaires et la pornographie virtuelle.</p>
<p>C’est le cas de la laide et naïve Sarinha, “l’abandon sous forme de jeune fille”, maltraitée par les hommes et incrédule face à la vie, “ce chewing-gum qui perd peu à peu son goût”. C’est aussi le cas d’Ulisses, l’anti-héros abandonné dans un long hiver de solitude. Errant seul au milieu d’un désert de glace, il est obsédé par la femme qui l’a fui. Après avoir enfin trouvé un igloo au milieu dunéant, il décide de s’y installer pour se masturber jusqu’à la mort. “Et je vais commencer par les grands thèmes de l’imaginaire masculin: japonaises bâillonnées, collégiennes battues&#8230; et armes automatiques”, annonce-t-il.</p>
<p>Dahmer plonge jusqu’aux plus obscurs recoins du capitalisme et nous en rapporte des nouvelles d’une culture faite de pilules, de consommation à outrance et de comédies romantiques. L’individualisme fait loi, l’amour est un rêve impossible &#8211; et les drogues sont le seul refuge des délaissés. Dans leur délire, ils entendent l’alcool et les seringues leur parler. La bouteille à la main et les larmes aux yeux, consumé par son inadéquation sociale, un tournesol s’exclame: &#8220;Si j&#8217;appartiens à une autre planète, je veux y retourner&#8221;. Et sa bouteille lui répond : &#8220;Viens, le vaisseau est dans le prochain bar.&#8221;</p>
<p>“Nous vivons l’enfer à Rio”, confirme Dahmer. “Je ne sais pas si c’est à cause des drogues ou à cause de leur interdiction”.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/brasilianas.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/brasilianas.wordpress.com/1/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=brasilianas.wordpress.com&amp;blog=11458441&amp;post=1&amp;subd=brasilianas&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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